Un smartphone, un algorithme et une imprimante 3D : c’est la recette d’ENCAJA, un projet colombien qui vient de remporter l’étape nationale du James Dyson Award 2026. Son but est de simplifier la fabrication des emboîtures de prothèses de bras, cette pièce qui fait le lien entre le membre et la prothèse et qui doit épouser parfaitement l’anatomie de chaque personne.
Plan de l'article
Un prix national et une place dans la course internationale #
Le projet a été conçu par Laura Echeverri-Giraldo, étudiante à l’université pontificale Javeriana, comme le rapporte 3Dnatives dans un article du 15 octobre. Il s’agit d’un prix national : ENCAJA représente la Colombie, qui organise seulement sa deuxième édition du concours. Le lauréat national reçoit 5 000 livres sterling.
La suite se joue à l’international. Selon Colombia One, le projet affronte des candidats de 28 pays et régions pour une place parmi les 20 finalistes. Les lauréats mondiaux seront annoncés le 4 novembre, et le grand gagnant international comme le lauréat du prix durabilité recevront chacun 30 000 livres, toujours d’après 3Dnatives.
Une histoire qui commence par un piano #
L’origine du projet est très concrète. La créatrice raconte avoir rencontré une petite fille née sans un bras, qui voulait jouer du piano. De là est née l’idée d’un système qui rendrait les emboîtures sur mesure plus simples et moins chères à produire. Le projet vise les personnes amputées sous le coude, ce que les spécialistes appellent l’amputation transradiale.
Aujourd’hui, une emboîture classique se fabrique à la main par un prothésiste, avec des moulages et des ajustements successifs. Le travail demande du temps et un savoir-faire rare, ce qui limite l’accès dans les régions mal équipées.
Comment fonctionne la chaîne ENCAJA #
Le scan au smartphone
Tout part d’un scan 3D du membre réalisé avec un simple téléphone. Pas besoin de scanner professionnel : c’est un des points qui rend le système transposable presque partout.
La conception générative
Le scan est ensuite traité par un algorithme développé sous Grasshopper, l’outil de modélisation paramétrique bien connu des designers qui travaillent avec Rhino. L’algorithme génère une emboîture adaptée à l’anatomie de la personne, en épargnant les zones sensibles à la pression. D’après Colombia One, la créatrice estime que cette étape ramène le temps de conception d’environ huit heures de travail manuel à environ une heure.
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La fabrication distribuée
C’est sans doute l’idée la plus intéressante pour les makers. ENCAJA ne livre pas une pièce finie, mais un fichier numérique. L’utilisateur ou un partenaire local se charge de l’impression. Le choix du matériau dépend du budget et des ressources disponibles, précise 3Dnatives. L’emboîture finale associe une structure imprimée en 3D et une doublure en mousse découpée au laser, amovible et remplaçable.
Des tests encore modestes, mais bien menés #
Le projet reste au stade du prototype. Le design a été testé sur cinq scans de membres différents, puis le système complet a été évalué par un porteur de prothèse et par un prothésiste certifié. Ces retours ont conduit à plusieurs corrections : un connecteur distal repensé, une doublure allongée, des repères visuels pour l’alignement et une interface de scan revue.
ENCAJA ne chiffre pas le coût de fabrication. Le projet indique seulement que le résultat coûte une fraction du prix d’une emboîture artisanale. Il faudra donc attendre des essais plus larges pour juger de l’intérêt réel sur le terrain, et l’avis des professionnels de l’appareillage reste indispensable pour chaque patient.
Ce que ce projet dit de l’impression 3D aujourd’hui #
ENCAJA illustre une tendance de fond : l’impression 3D devient intéressante quand elle s’insère dans une chaîne complète, du scan au fichier. L’imprimante n’est qu’un maillon. La vraie valeur se trouve dans l’algorithme qui transforme une mesure en pièce fonctionnelle, et dans le choix de diffuser des fichiers plutôt que des objets.
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Ce modèle rappelle celui des communautés de makers qui partagent des modèles imprimables dans le monde entier. Ici, la différence est que chaque fichier est unique, calculé pour une seule personne. C’est tout l’intérêt de la conception générative : produire du sur-mesure sans repartir de zéro à chaque fois.
Le James Dyson Award, ouvert aux étudiants et jeunes diplômés en design et en ingénierie, met régulièrement en avant ce type de projet, où une technologie de fabrication accessible sert un besoin concret. Rendez-vous le 4 novembre pour savoir si ENCAJA ira plus loin.
Questions fréquentes #
ENCAJA a-t-il gagné le James Dyson Award international ?
Non, pas à ce jour. Le projet a remporté l’étape nationale colombienne. Les lauréats internationaux seront annoncés le 4 novembre.
Quel logiciel utilise ENCAJA ?
La génération de l’emboîture repose sur un algorithme développé sous Grasshopper, à partir d’un scan fait au smartphone.
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Peut-on imprimer l’emboîture soi-même ?
Le système est pensé pour la fabrication distribuée : le fichier est imprimé par l’utilisateur ou un partenaire local, mais l’ajustement d’une prothèse doit toujours être validé par un professionnel.




